BOATCH : TOULOUSE-BORDEAUX EN BATEAU GONFLABLE

  L'ennui de 2020 m'a permis de me souvenir que dormait, sur l'un de mes disques durs, les images d'une étonnantes aventure… celle de trois Toulousains et de leur projet téméraire : rejoindre Bordeaux par la Garonne.
  Née d'un solide apéritif pris sur les bords du fleuve, l'idée s'est concrétisée par l'achat d'un bateau gonflable type Caravelle K85, d'une capacité de 250kg. Pile ce qu'il faut pour porter vers l'aventure un peu de matériel et les trois hardis jeunes hommes de 232 kilos cumulés ; le 7 avril 2014, l'équipage du Bob Dyla était bon pour embarquer.
  Suivirent cinq jours intenses et froids, passés entre maquis, méandres et dangers et passant par les villes exotiques de Montech, Agen et même Langon… où l'aventure se conclut en un tragique naufrage.

L'échec est le fondement de la réussite.

  Je ne sais pas où ce philosophe chinois veut en venir mais je préfère cette citation à celle de Frédéric Dard, qui dit que L'échec, c'est la réussite du con. C'est plus clair, plus vrai, mais un peu dur. En tout cas cette épopée d'eau douce méritait davantage qu'une page Facebook et un article dans un journal local. Il fallait plus et, avec la vidéo ci-dessus, voilà ce plus : le trailer d'un film épique, lui même témoin d'une aventure unique… Bon voyage, moussaillons !

  N.B : Si le teaser atteint les 10 000 vues, il est possible que les BoAtchs se rendent à Langon et reprennent les rames pour terminer l'aventure. Pour des raisons sentimentales, le même modèle de bateau sera choisi, et ce même si depuis 2014 les marins ont pris près de 40 kilos cumulés.

Teaser et projet de reprise partagés par la vénérable Dépêche du Midi !

- VERS UNE SIXIÈME REPUBLIQUE, JURANDE ET ÉCOLOGIQUE -

Temps de lecture : 12 minutes (temps d'écriture : 10 minutes)

  Notre régime semi-présidentiel n'est-il qu'une demi-démocratie, et nous conduit-il vers une catastrophe collective ?
  Deux questions en une pour une unique réponse : oui. Un oui que nous détaillerons dans cet article au terme duquel, pour dépasser l'alarmisme et la simple critique, nous proposerons une solution pratique. Pour la lire il suffit de rejoindre la partie VI mais, si votre temps vous le permet et que l'envie vous y invite, nous commencerons par l'analyse de la révélatrice réponse présidentielle qui fut apportée aux revendications exprimées, avec plus ou moins de calme, par les Gilets jaunes.

1) Amorce de débat entre des représentants de l'exécutif et un groupe de citoyens

  En parallèle d'un maintien musclé de l'ordre notre monarque républicain organisa, comme Louis XVI en 1789, la récolte de cahiers de doléances qui ne résumèrent pas moins de 10 000 réunions citoyennes et plus de 2 millions de contributions en lignes.

"...au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple
qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre"
Emmanuel Macron

  En bras de chemise pour nous signaler son implication, le président a même participé à quelques réunions, en attendant que les dits cahiers ne lui soient remontés… pour être directement descendus aux archives. Rien n'est consultable et la conclusion de cet exercice dit démocratique fut donc celle du seul président de la République : remise aux calendes de la comptabilisation du vote blanc, du R.I.C, et du rétablissement de l'ISF. Ce retoquage des revendications principales des Gilets jaunes, pourtant plébiscitées par la plèbe, révèle une première raison à notre oui : sous la Cinquième République il semble que les citoyens ne décident pas à travers leurs représentants, mais qu'ils élisent des gens qui décident pour eux. Et que si entre deux élections le peuple peut dire, rien n'oblige l'exécutif à l'écoute. Une demi-démocratie de fait qui permit au président d'échapper à une contestation majeure de nos institutions et de sa politique avec quelques promesses mineures et symboliques.
  Un an plus tard, l'un des engagements de l'exécutif fut tenu : une seconde consultation, baptisée Convention citoyenne pour le climat par un service com' au bord de la transe créative, réunit pour plusieurs mois 150 personnes représentatives de la population française, et tirées au sort. Le sujet qui leur a été donné à penser ne semble par contre pas avoir été choisi au hasard : le mouvement populaire des Gilets jaunes étant né de la contestation d'une hausse des prix du carburant, des citoyens lambdas avaient toutes les chances de confirmer que la priorité du peuple n'était pas l'écologie, et d'offrir en passant à notre gouvernement une caution populaire à sa frilosité législative sur le sujet. Ce ne fut pas le cas, et c'est justement ce petit revers politique qui va nous inspirer une solution pour échapper à la catastrophe collective, sur l'éventualité de laquelle nous allons d'abord nous pencher.

2) À gauche, la planète bleue. À droite, une poubelle bleue.
L'intégrité de l'une dépend en partie de la bonne utilisation de l'autre.

I / Etat des lieux commun

  L'humanité est passée en 10 000 ans de moins de 10 millions à plus de 7 milliards de représentants, et d'une répartition en groupes isolés à d'immenses nations interconnectées. Le développement de l'agriculture, de l'élevage et du réseau routier qui accompagna cette évolution changea radicalement les paysages et fait encore reculer, aujourd'hui, ce qu'il nous reste de nature indomptée.
  Ainsi notre espèce, autrefois éparse, s'est déconnectée du sauvage tout en se connectant avec elle-même. Mais les conséquences de nos contacts avec la nature en furent paradoxalement amplifiés, et c'est la première grande menace écologique à laquelle notre croissance nous expose : alors qu'elles avaient un impact limité du temps des petits groupes de chasseurs-cueilleurs, les pathologies d'origine animale se sont transformées du fait de notre ultra-connexion en pandémies mortelles… peste par les marmottes, sida par le singe et, aujourd'hui, coronavirus par le pangolin ou la chauve-souris.

3) Quatuor d'innocents coupables

  La situation est donc paradoxale mais claire : comme les premières agglomérations humaines, notre village global reste cerné par le sauvage. Et rappelons-nous en passant que notre utilisation des énergies fossiles engendre une pollution qui nous met face à une seconde menace : un processus de réchauffement climatique promettant d'être la cause, dans un avenir de moins en moins éloigné, de catastrophes diluviennes et autres plaies mosaïques assurées. Notre influence sur la nature n'est pas son contrôle, et ce constat nous suggère que si nos sociétés veulent continuer à se développer sans se détruire, il nous faut aller vers un changement de modèle ou, à tout le moins, un contrôle de nos excès actuels.
  Bien renseignés sur la situation et bien que de tous bords politiques et de toute condition sociale, les 150 citoyennes et citoyens de la Convention ont, après seulement 9 mois de consultation d'experts et de débats, accouché de 149 propositions allant toutes dans le sens de l'écologie politique. En voici quelques unes :

- Instaurer un moratoire sur la mise en place de la 5G.
- Création d'un critère de poids du véhicule dans le malus automobile.
- Régulation de la publicité sur les produits très polluants.
- Création d'un crime d'écocide, adossé au concept des limites planétaires.*
- Réduction la TVA sur les billets de train.
- Interdiction de construire de nouveaux aéroports et d'étendre ceux déjà existants.
- Interdiction des liaisons aériennes intérieures sur un trajet de moins de quatre heures.**
- Taxe de 4 % sur les dividendes.
- Limitation à 110 km/h sur autoroute.
- Placement dans le préambule de la Constitution du souci de l’environnement au premier plan des valeurs fondamentales.

  Même si les trois dernières, les plus contraignantes pour la finance, l'Etat et l'industrie, furent directement rejetées par M. Macron, il sembla cette fois-ci s'aligner sur l'opinion du peuple :

Je m'y étais engagé, je tiens parole : 146 propositions sur les 149 que vous avez formulées
seront transmises soit au gouvernement, soit au Parlement, soit au peuple français.

  Le président n'avait effectivement pas peur de parler, d'échanger, de débattre. Mais il nous fallut peu de temps pour réaliser que transmission n'est pas application car en moins de trois, les huit autres proposition citées plus haut furent retoquées. Un dédain gouvernemental de l'opinion populaire qui, nous allons le voir, ne date pas d'hier.

II / Lieux communs d'Etat

  La logique de l'exécutif face à la Convention fut similaire à celle face au Grand débat national : il a laissé parler, déclarée avoir entendu, et a finalement continué de mener sa politique comme si de rien n'était. Un schéma classique que les gouvernements de nos demi-démocraties arrivent même à reproduire entre eux ! Le dernier grand exemple datant de 2015 avec la COP21, qui réunit à Paris 197 nations et lors de laquelle les exécutifs ne négocièrent pas avec le peuple, mais en son nom. Un rôle différent pour une logique similaire : après le constat obligé d'une situation alarmante des engagements furent pris, mais sans qu'aucune législation ne soit adoptée pour faire imposer les bonnes intentions étatiques aux firmes polluantes qui, gageons-le, ne les respecteront pas. Et c'est bien normal : la vocation d'une entreprise est de faire du profit, pas de protéger. Ce rôle est par principe dévolu aux Etats mais nous voyons bien que dans les faits, leurs représentants semblent faire passer au dessus de la préservation d'une planète qui est notre bien commun la sauvegarde, par leurs inactions, des privilèges économiques de certains.

4) Allégorie de l'écrasement de la démocratie par l'économie - Timor Oriental

   Il y a donc un lien entre demi-démocratie et catastrophe collective, et si l'une peut favoriser l'autre c'est parce que notre système politique, en arrimant le destin des masses aux décisions d'un seul ou de quelques individus, le lie mécaniquement à des intérêts particuliers qui ne sont pas ceux du commun. Une logique encouragée par une idéologie politique qui gouverne la majorité de nos gouvernants : le libéralisme économique, où l'autorité de l'Etat est restreinte au maximum pour favoriser la liberté d'entreprendre et l'enrichissement personnel. Officiellement, le pari est que la somme des réussites individuelles profitera, par ruissellement à l'ensemble de la société ; une logique claire mais peut-être un peu simple, et qui semble bien vite oublier la nature humaine.

Il y a souvent bien de la différence entre la volonté de tous et la volonté générale ;
celle-ci ne regarde qu'à l'intérêt commun,
l'autre regarde à l'intérêt privé, et n'est qu'une somme de volontés particulières.
Rousseau. Jean-Jacques.

  Le constat étant fait depuis au moins 200 ans, il est tentant de suspecter que les bonnes intentions de cet individualisme en commun qu'est le libéralisme, basé sur la volonté générale, ne soient qu'un voile pudique jeté sur l'égoïsme de celles et ceux qui le défendent. Quoi qu'il en soit, et même en leur laissant un bienveillant bénéfice du doute, un rapide coup d’œil dans le rétroviseur de l'histoire suffit pour nous le confirmer : la somme des volontés particulières ne favorise que des prospérités particulières.

5) Travailleurs miniers attendant la prospérité individuelle. Mulet n'attendant rien.
Autour, Thiers et Casimir-Perrier, présidents de la République et industriels du charbon.

  La collusion entre industrie, finance et politique est une réalité historique : sans trop de lois pour les contraindre, souvent parce qu'ils les rédigeaient eux-mêmes et alors que des populations entières se tuaient à faire tourner leurs usines ou à creuser leurs mines, les premiers industriels du XIXème siècle purent vivre dans une incroyable opulence. Mais au final, tout le monde est mort. Le temps fait son affaire et nous offre un recul qui suggère une question : le fait que les premiers barons du libéralisme meurent si riches justifiait-il de laisser mourir des millions d'autres plus tôt, et avec plus de souffrances ? Car une modération dans les méthodes d'acquisition de leurs richesses, en plus de préserver l'intégrité physique de leurs travailleuses et travailleurs, n'aurait pas freiné l'avancée technique de l'humanité ; la preuve étant que depuis l'augmentation des acquis sociaux le progrès scientifique ou médical a considérablement accéléré, et que si l'enrichissement de la classe supérieure fut très relativement freiné, sa richesse est encore plus considérable qu'auparavant. La part est moins grande, mais le gâteau est plus grand.
  Mais si immense que soit le gâteau, si l'on ne trouve pas vite une solution à l’obsolescence programmée de nos corps, les possédantes et possédants de ce siècle aussi, mourront toutes et tous. Peut-être assez tôt pour ne pas subir les conséquences de leurs actes, riches et satisfaits, replets et comblés, mais en laissant comme leurs prédécesseurs aux générations suivantes, peut-être cette fois moins nombreuses que la leur, l'amer loisir de se dire que leur éphémères opulences non plus, ne valaient pas toutes ces souffrances.
  Car aujourd'hui aussi, l'on souffre et l'on meurt pour le profit.

III / La bourse ou la vie, hier comme aujourd'hui

  Si à l'ouest on ne meurt plus trop dans les mines, notre modèle consumériste ajoute aux deux grands risques déjà évoqués un troisième danger mortel, toujours commun mais pourtant perçu comme individuel : pesticides, malbouffe, diesel ou encore tabac… en France les produits vendus par les industriels - et achetés par les consommateurs - font qu'annuellement le cancer y enterre 150 000 personnes. 35 000 de plus succombent au diabète. 40 000 ne se relèvent pas d'un AVC et 140 000 sont terrassées par une maladie cardiaque. Ces décès, 40 par heure, 350 000 par an et 5 depuis le début de votre lecture de cet article, sont autant de tragédies individuelles et familiales qui forment le morne prélude de notre catastrophe collective.
  Pensons-y : avec 1 750 000 personnes mortes, en cinq ans, de maladies liées à la pollution ou au mode de vie, et même si l'on considère qu'un tiers seulement est la conséquence de notre modèle sociétal, cela signifie que les français ont perdu plus de vies pour le PIB de 2015-2020 que pendant la seconde guerre mondiale.

Hélas ! on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands.

  L'hécatombe de notre époque a donc commencé, mais discrètement. Privée et quasiment sans images, elle a moins d'impact psychologique qu'une guerre, même si comme une guerre ses conséquences et ses responsabilités sont communes. Même si là aussi, une politique soucieuse des vies humaines éviterait une grande partie de ces malheurs ; pour exemple, l'interdiction du diesel sauverait des milliers de vies par an, ralentirait l'augmentation de l'effet de serre et éviterait des milliards d'euros de dépenses pour la sécurité sociale, tout en ne faisant que freiner l'enrichissement de quelques industriels.
  Mais au nom de la liberté - celle d'entreprendre plutôt que celle de vivre en bonne santé - quasiment rien n'est fait. Et c'est ici que l'on rencontre le plus grand effet pervers du libéralisme, car en prétendant défendre la liberté individuelle il individualise l'espoir, et étouffe les possibilités d'opposition ou d'action collective. Ne faisant au final ruisseler rien de plus que l'âcre liquide de l'individualisme sur les population qu'ils dirigent, les libéraux de la politique, face aux catastrophes annoncées comme face au sourd massacre sanitaire en cours persistent, dans une logique égotique et mortelle, à mettre l'accent sur la responsabilité individuelle :

« Recyclez vos déchets »
« Achetez responsable »
« Faites du sport »
« Mangez 5 fruits et légumes pas jour »

6) Groupe de citoyens suédois saints, sobres, indépendants, sereins et suant.

  C'est la grande force politique de ce système : en rendant les citoyens-consommateurs individuellement responsables de leur sort, les gouvernants peuvent masquer leurs propres irresponsabilitésPeut-être en espérant que l'activité citoyenne palliera à l'inertie gouvernementale, peut-être aussi en étant convaincus qu'il ne tient qu'aux autres de faire assez d'efforts pour atteindre les cimes sociales où ils se perchent et ainsi rendre, par l'addition de leurs excellences individuelles, la planète un peu plus confortable et un peu plus belle. Car dans l'idéologie libérale, presque un dogme, toutes et tous sont déclarés capables, au prix d'un peu d'efforts, d'être gouvernants de leur propre sort. Un arguments d'orgueil qui nous fait non sans ironie penser au passage que finalement le libéralisme est une sorte d'anarchisme libertaire de droite où, comme chez son pendant de gauche, ce sont les principes qui dominent ; où la foi prime sur le réel.
  Nous invitons donc les défenseurs du libéralisme à aller au bout de leurs principes en mettant leur darwinisme social au défi du darwinisme tout court car enfin, il leur est toujours possible d'aller vérifier dans la forêt primaire la légitimité de leur statut de princeps. M'est avis que la plupart finiront bien vite réfugiés sur un arbre, couinant pour de l'aide en essayant d’échapper à un blaireau rival.

7) Mâle alpha : un statut précaire.

  S'ils survivent à cette aventure initiatique - et on le leur souhaite -, ils pourront réaliser qu'une collectivité protège les plus faibles mais favorise aussi les fortes et les forts, qui ne pourraient atteindre un tel niveau de prospérité sans l'addition des compétences et du travail des autres. Ni même, expérience sylvestre à l'appui, la plus élémentaire sécurité… question performances solitaires, il faut relativiser son sentiment de toute-puissance et accepter de se résoudre à cette sobre évidence : l'humain moderne est au chasseur-cueilleur ce que le teckel est au loup.

IV / L'âge de raison

   L'absurdité de nos sacrifices sur l'autel du profit commence à être flagrante, et cette conscience populaire qui contraste de plus en plus avec les lenteurs étatiques implique un dernier grand risque : l'histoire nous enseigne que des idéologies totalitaires répondent souvent aux injustices et aux urgences. Et qu'en plus de ne pas être tendre avec les puissants, elles peuvent conduire à des situations bien pires que celles qu'elles prétendaient résoudre.

8) La liberté ou la mort, par Jean-Baptiste Lesueur.

  La révolution de 1789 connut par exemple ses excès, et à sa suite le pouvoir économique fut transféré de la minorité de la noblesse à celle un peu moindre de la bourgeoisie, qui à terme occupa même une grande partie du rôle du clergé : l'espérance du paradis céleste, vendue par la religion à une époque où le bien-être terrestre était un doux rêve, fut peu à peu remplacée par lpromesse de paradis matériel de l'American Way of Life. Mais au vu des risques naturels et individuels qu'impliquent nos sociétés, nous pouvons conclure que leur logique est comparable : le confort au prix de la mort.
  La bourgeoisie fut à son tour contestée par de nouvelles révolutions, qui connurent de nouveaux excès et, aujourd'hui, c'est notre système binaire producteur-consommateur qui, en privilégiant la quantité sur la qualité, l’opulence sur la satiété, la richesse sur le progrès et surtout, in fine, en priorisant le présent de certains sur l'avenir de tous et l'aisance d'une minorité sur la santé de la majorité, attire sur lui une contestation légitime mais de plus en plus radicale ; les Gilets jaunes en furent la parfaite illustration, et leur échec annonce l'apparition d'autres mouvements, peut-être plus violents. Mais laissons Lapalisse nous souligner qu'hier n'est plus aujourd'hui, et qu'entre une révolution brutale et la persistance du laisser-faire, une voie du milieu peut exister ; tout simplement dans l'évolution des institutions et le renforcement du droit commun.
  La vie en groupe implique toujours le sacrifice d'une part de la liberté individuelle : les parents l'apprennent aux enfants, et la Justice reprend ce rôle dans le monde des adultes, étant de plus en plus nécessaire à mesure que les sociétés grandissent. Et pour les parents envers les enfants comme pour la justice envers les justiciables, si la maturité ne vient pas d'elle même corriger l'enfantin sentiment de toute-puissance et prévenir les nuisances qu'il entraîne, il faut bien se résoudre à contraindre les individualistes à se résoudre au commun.

V / La loi ou la mort

  La différence fondamentale de nos sociétés d'avec le monde est la suite contraintes que le collectif impose à nos pulsions individuellesCe sont nos conventions sociales et nos lois qui nous préservent des dangers et de l'injustice, d'une manière certes imparfaite mais de plus en plus efficace. Cependant en laissant le capital libre d'être libéral, nos gouvernements excluent l'économie de cette logique et entretiennent un dernier pan de nos sociétés où, comme chez les animaux, c'est la loi du plus fort qui prévaut. Et le plus souvent le plus fort agit selon ses intérêts et sa nature - même s'il peut prétendre à la vertu et à l'altruismeCesare Beccaria, Lumière italienne, le constate dès 1764 :

Il n'est personne qui ait fait don spontanément d'une partie de sa propre liberté
en vue du bien public ; cette chimère n’existe que dans les romans.

  ...et encore en 2020, pourtant, dans les discours de nos dirigeantes et de nos dirigeants. Mais dans la réalité les funestes conséquences de leurs actions et inactions de passage seront subies par leurs administrés... qui ne seraient d'ailleurs pas forcément plus intègres. Car s'ils fument, boivent ou ont une quelconque autre habitude nocive malgré la conscience des risques encourus, et si a leur niveau aussi ils pratiquent le chacun pour soi, comment espérer trouver parmi eux celui ou celle qui défendra des lois qui, une fois au pouvoir, ne lui sembleront peut-être plus que faites pour préserver la vie ou le bien-être des autres, et iraient alors contre sa nature, son intérêt propre ou celui de son groupe social ? 

9) Diogène se préparant à partir à la recherche d'un honnête homme, par Jean-Léon Gérôme.

  Exit donc l'habituelle, trop longue et trop aléatoire attente messianique de l'individu providentiel, qui, même s'il arrivait, aurait toutes les chances de voir sa volonté dévoyée par l'exercice du pouvoir. Mais cet exit ne nous met pas face à une impasse, il nous amène juste naturellement à la solution que nous avons évoqué en introduction de cet article, et qui nous sera inspirée par la Convention citoyenne pour le climat. Car inédit, l'exercice fut aussi idéal : il démontra que des personnes tirées au sort et sans compétences particulières pouvaient rendre un avis cohérent et responsable sur un sujet complexe ; en somme, que des gens du commun pouvaient faire aussi bien que nos élus... voire mieux, car sans céder à une quelconque idéologie et en ayant simplement fait face aux faits, leurs conclusions penchent clairement du côté de l'écologie politique et de l'intérêt général - peut-être parce que les membres de la Convention avaient conscience d'agir pour eux-mêmes ; non pas en tant qu'individus ou membre d'une communauté ou d'une classe, mais en tant que groupe certes réuni par le hasard, mais soudé par des intérêts communs. Alors que nos politiciens, qui évoquent si souvent les français, semblent bien s'exclure de cette masse qu'ils sont pourtant censés représenter…
  Si réfléchir seul peut inciter à ne penser que pour soi, la Convention nous suggère qu'une réflexion en commun encourage naturellement à tirer des conclusions et faire des projets qui pourront profiter à toutes et tous. Que l'on y privilégie le compromis sur le conflit et aussi, et surtout, la prudence sur la violence. En réalité l'homme providentiel est donc déjà là, et il ne reste plus qu'à le convoquer… ni individu, ni envoyé divin, il s'agit tout simplement du fameux français moyen :

10) Visages de français moyens, par des chercheurs de l'université de Glasgow

  Et n'oublions pas la française médiane. Ce sont ces deux personnages de la mythologie politique qui ont symboliquement donné leur avis lors de la Convention citoyenne pour le climat : la volonté de tous dont parle Rousseau s'y est exprimée, et son résultat nous fait présumer qu'ici, qu'ailleurs aussi, le seul moyen raisonnable de voir l’intérêt général prendre le pas sur l'individualisme en commun semble être d'adjoindre un contrôle populaire direct à notre système représentatif.

VI / La République jurande

  La solution est à la portée d'un référendum : une évolution constitutionnelle vers une sixième République, dont les institutions compteraient en plus d'une assemblée élue une nouvelle chambre citoyenne, aux membres tirés au sort et pour un mandat court et unique. Sur le principe des jurés d'assises, qui accompagnent les décisions du juge, les membres de cette chambre à laquelle nous donnons le nom de Jurande seraient chargés de valider les lois préparées et votées en amont par les parlementaires professionnels.

JURANDE n.f. (XVIe s.), terme d'histoire des institutions
qui s'applique à la charge de juré dans une corporation et,
par métonymie (1694), au corps des jurés d'une corporation
(dans le contexte de la République Jurande, de la grande corporation du peuple. N.d.a.)

  Cette nouvelle assemblée disposerait ainsi de l'équivalent d'un droit de veto populaire, qui pourrait être complété par une possibilité de proposition de lois bien plus pratique et bien moins coûteuse que le R.I.C. Un modèle qui limiterait les pouvoirs de l'exécutif qui pourrait en retour, via les élus professionnels, contenir d'éventuelles dérives populistes ; chaque enregistrement législatif étant tributaire de la validation des deux chambres.

11) Le Kléroterion, invention grecque servant à tirer au sort les citoyens.
Un système plus moderne et moins lithique sera probablement préféré.

  Le modèle est simple : une assemblée d'élus associée à une assemblée citoyennes tirée au sort. Une nouvelle République bicamérale qui résoudrait bien des problèmes de notre demi-démocratie actuelle :

- L'assemblée jurande remplacerait un sénat moribond, qui n'est plus qu'une coûteuse chambre d'enregistrement, seulement représentative d'une certaine notabilité.
- Le système électif de l'assemblée nationale assurerait la légitimité démocratique de chaque décision, tandis que le tirage au sort de l'assemblée jurande assurerait la représentativité de chaque couche de la population - il n'y a pas d'ouvriers et seulement 39% de femmes au parlement, alors que la Convention citoyenne pour le climat comptait 10% d'ouvrier et 50% de femmes.
- Aucun parti ne serait représenté dans l'assemblée Jurande, ce qui permettra à ses membres de réfléchir librement, loin des intérêts partisans et autres carcans idéologiques.
- Les personnes tirées au sort ne seront pas influencées par les prochaines échéances électorales, et la brièveté de leur mandat les protègerait de l'influence des lobbys. Au lieu de petits timoniers qui trop souvent pilotent à court terme avec pour principal souci leur réélection, les nouvelles lois seraient tributaires de l'avis de gens n'ayant aucun souci d'ambition.
- Citoyennes et citoyens se sentiraient plus impliqués dans la vie politique, car potentiellement acteurs.
- Les personnalités politiques étant souvent élues avec beaucoup d'abstention et par défaut, certains points de leurs programmes majoritairement rejetés par la population pourront être bloqués par la chambre jurande. Dans la même logique, la chambre jurande pourra proposer des lois populaires mais portées par des petits candidats. En cas de désaccord majeur, la convocation d'un référendum pourrait être voté par une chambre ou l'autre, à la majorité des deux tiers.
- Les questions fondamentales, comme l'écologie ou l'économie, ne seront plus otages des partis.
- Et en ce qui concerne le sort de celles et ceux qui mettent la planète et ses habitants en danger… des lois pour prévenir et punir les actions des uns et les inactions des autres, peut-être même rétroactives, pourront être votées. Le peuple, démocratiquement et sans violence incontrôlée, pourra alors choisir entre justice et pardon.

Il faut observer que les notions de droit et de force ne sont point contradictoires,
mais que la première est plutôt une modification de la seconde,
modification la plus utile au plus grand nombre.
Cesare Beccaria - Des délits et des peines

  Notre réflexion se conclut donc ici, et le temps de sa lecture aura aussi été celui de six tragédies supplémentaires, six morts de plus depuis notre dernier décompte, juste en France. C'est en pensant à leur sort, à celui de tous les autres et donc au notre que nous prenons conscience de l'impérieuse nécessité d'un nouveau refoulement collectif de nos pulsions individualistes, de cet impératif catégorique posé à nos civilisations qui, par leurs excès, sont sur le point de transformer le progrès en regrets. Nous sommes face à une responsabilité d'espèce ; toutes et tous l'une ou l'un des milliards de coresponsables à l'éco-désastre en cours, en même temps que l'une de ses potentielles victimes… car si aujourd'hui le civilisé menace le sauvage, la partie qui survivra à l'autre n'est pas nécessairement celle que l'on croit.
  Alors, après nous être protégés de la faim et des prédateurs par notre évolution technique, après avoir entamé la canalisation morale et judiciaire de la part sauvage de la nature humaine, il est clair que protéger la Nature de sa part humaine est la nouvelle condition de notre survie : la fulgurante évolution qui nous a donné la capacité de détruire l'équilibre du vivant nous commande désormais de le préserver, en appliquant l'éco-responsabilité comme corollaire du progrès.
  Pour y arriver, faisons confiance à la volonté de tous et, enfin, pour qu'elle commande, que vivent les Jurandes !




*Edit 17/04/2021 : L'assemblée nationale a crée un délit d'écocide (et non pas un crime, comme demandé par la Convention). Ne seront punies que les atteintes à l'environnement intentionnelles, graves et durables ; autrement dit, les avocats des pollueurs n'auront qu'à plaider la bonne foi pour éviter une condamnation. Pour prévenir une éventuelle condamnation leurs clients, de leur côté, n'auront qu'à commander des études bidons pour montrer que leur activités polluantes pouvaient être considérées comme inoffensives. La loi votée par l'assemblée est aussi peu contraignante que facilement contournable... et les fils sont un peu trop gros pour masquer la tentative de séduction des électeurs écologistes, en vue de 2022.

**Edit 11/04/2021 : L'Assemblée nationale vient d'adopter en première lecture un texte interdisant les vols intérieurs si un autre mode de transport (train ou bus) offrait une alternative de moins de 2h30 au trajet par avion... adieu donc les trois Paris-Lyon quotidiens. So long les trois Paris-Bordeaux. Mais c'est à peu près tout, et ça ne changera pas grand chose ; les compagnies aériennes garderont la grande majorité de leurs lignes domestiques, et ce alors que des solutions ferroviaires existent, et que la Convention citoyenne réclamait d'indexer les interdictions de lignes sur l'existence d'une durée alternative de 4 heures maximum, beaucoup plus contraignante et donc beaucoup plus efficace pour réduire les émissions de CO2. Au final, nous avons une demi-mesure qui aura plus d'effet pour la communication gouvernementale que pour la planète.
Il faut bien préparer 2022...

- PROJET ÉGYPTIEN -



  La vidéo ci-dessus présente un documentaire de 52 minutes sur lequel j'ai commencé à travailler lors d'un voyage en Égypte, en novembre 2019, avec un cameraman et une journaliste.
  Le tournage doit se poursuivre en France et en Israël, une fois qu'une boîte de production aura financé le projet. Quel est le sujet ?
Il ne reste aujourd'hui qu'une demi-douzaine de Juifs en Égypte, alors qu'ils étaient plus de 80 000 en 1947. Cette quasi-disparition est la conséquence de la montée du nationalisme arabe et du retour, après 2000 ans d'absence, d'une puissance politique juive dans la région.
Le documentaire mettra en lumière l'exode moderne des Juifs d’Égypte, tout en suivant le combat mémoriel de ceux qui sont restés et des exilés qui, de France ou d'Israël, y contribuent ou le complètent. Nous partirons à la rencontre de Magda Haroun (avocate et présidente de Goutte de Lait, association basée au Caire), d'Albert Arié et de son fils Sami Ibrahim (membres de Goutte de Lait), ou encore d'André Cohen et Yves Fedida (Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel des Juifs d’Égypte – ASPCJE, basée à Paris).
  Aussi, partant du particulier pour atteindre l'universel, le film traitera de l'exode des Juifs de l'ensemble des pays arabes (800 000 exilés) ; pour souligner l'universalité de la souffrance de l'exil, des palestiniens ayant dû fuir la guerre israélo-arabe de 1948 seront également interrogés.
  L'histoire sera relatée objectivement, et aucun fait ne sera éludé. Tout en laissant la parole à ceux qui ont tout perdu, sans édulcorer leurs discours, le film mettra en avant les acteurs sociaux qui tentent de rapprocher les communautés par la culture.

- LA POSTE CONTINUE DE COLLABORER AVEC LES NAZIS -

  Et en voici la preuve avec un timbre d'époque, représentant le profil gauche d’Hitler - qui n'est pourtant pas son meilleur. Dûment oblitéré par les services postaux, il nous fait nous demander si l'entreprise au logo jaune et bleu s'est bien affranchie de son passé collabo...


Les dates ont été masquées pour qu'aucun employé ne soit accusé de négligence.

  Pourquoi avoir fait ça ? D'abord, parce que c'est drôle.
  Si.
  Mais aussi pour rappeler qu'entre 1940 et 1944 l’État français a activement collaboré avec les nazis, offrant à l'Histoire le souvenir amer des rafles de Juifs et des enfermements de tziganes, républicains espagnols ou résistants. Vichy a bien sûr délégué la réalisation de ses basses œuvres aux services publics ; la SNCF par exemple, organisait les départs de convois pour Auschwitz.Mais une collaboration moins connue est celle des PTT, aujourd'hui la Poste, dont la direction épurée de ses Juifs et franc-maçons ordonnait d'intercepter,  pour le compte de Vichy et des nazis, les communications écrites ou téléphoniques. Ce qui fut fait, même si nombre de fonctionnaires sont entrés en résistance.
Alors, à la lumière des heures sombres de l'histoire et à l'heure du retour des extrêmes – bruns, verts, ou blonds platine avec une mise en plis absurde - il peut paraître intéressant de se demander si les services et secteurs publics ont retenu les leçons du passé.
  Aux dernières nouvelles, tous les Juifs se rendant en train en Allemagne le font de leur plein gré. La milice et Darnant ont été dissous, et Jacques Chirac a présenté les excuses de l'exécutif en 1995. Guillaume Pépy, du bout des lèvres et un peu contraint, a présenté celles de la SNCF en 2011(Mais peut-être trouvait-il impoli que les associations juives n'aient pas relevé que ces trains-là étaient parfaitement à l'heure...). Les excuses de la Poste se faisant toujours attendre en 2020, nous en profitons pour suggérer qu'une déclaration ne ferait de mal à personne ; ni à la direction, ni aux victimes encore vivantes de cette collaboration.
  Alors oui bien entendu, la Poste d'aujourd'hui est très loin des agissements des PTT d'alors, et l’aberrante oblitération de ce timbre n'est qu'une erreur ; vos réclamations ne seront donc pas mieux reçues si vous vous rendez à votre bureau de quartier en Panzer. Mais cette affaire du timbre nazi souligne un autre problème : si c'est passé comme une lettre à la poste, c'est que ça n'est passé entre les mains de personne.
  Car à la Poste comme dans les autres domaines publics l'automatisation, la sous-traitance, l'ouverture à la concurrence et la réduction des personnels sont en vogue. Et pour le coup, au lieu de nous adapter au présent pour préparer l'avenir, comme le disent les libéraux, cette politique a ouvert une fenêtre sur un passé vieux de 75 ans.
  Avec un timbre crétin, pour la blague, pour l'instant. Mais si le totalitarisme revient au goût du jour ? Comme en Chine, ce sera à la mode de la dématérialisation et des algorithmes froids, qui exécutent les commandes sans retard et sans pauses, mais aussi sans se poser de questions.
Ce jour là certes, les colis arriveront plus rapidement qu'avec Monique et André, nos bons vieux fonctionnaires traditionnels. Mais s'il n'y a plus que des robots sans conscience et sans principes... qui sera là pour résister ?

Article également paru sur le site JewPop !

- MAURICE TEBOUL : SOLDAT DE LA 2ème DB -



  Ce documentaire retrace le parcours d'un tankiste qui, parti d'Afrique du Nord, a terminé la guerre par la prise du Berghof, repère alpin d’Hitler..
Nonagénaire qui porte beau et s'apprête à célébrer ses 92 ans par un saut en parachute, le vétéran est interrogé sur ses faits de guerre... et sur ce qui l’a amené à se battre. Car c’est un aspect frappant de son parcours : Maurice s’est complètement fait entraîner par l’Histoire, et n'y a pas vraiment choisi sa place.
Était-ce rare ? Bien sûr que non et le titre du film, référence aux "Très Riches Heures de l’humanité" de Zweig, est là pour le souligner. Mais l'Histoire détermine-t-elle notre destin à tous, grands comme anonymes ? Je laisse le soin à chacun de se faire son opinion, mais constate que la marge de manœuvre est limitée, et que pour peu que la place que le sort nous fasse nous convienne à peu près, on s’y installe sans trop de contestation.
De cette constatation vient le sous-titre du film, clin d’œil à Arendt. Car le mal ou le bien sont presque toujours servis par des gens normaux, «banals», que les circonstances entraînent.
Voici donc l'histoire d'un héros de 39-45 jusqu'ici anonyme, d'un personnage finalement pas si banal dont l'histoire vous captivera certainement et qui, je l’espère, aidera votre réflexion sur la place que nous fait l’histoire... et sur le côté où notre propre banalité pourra s’épanouir.

Film également partagé par le site JewPop !

- 2013 : PROJET PARALLÈLE -



  Voici un projet participatif sur lequel je travaille depuis la fin du mois de mai, et dont le fignolage et la publicité me demandent du temps : The Meanwhile Project. Le concept est simple : un site internet participatif regroupant les meilleures vidéos sur un maximum d’endroits dans le monde, pour aider les curieux à se faire une idée et les motivés à partager ce à quoi ressemble leurs villes. Tous les renseignements se trouvent sur le site, et vous avez juste au dessus une vidéo de Longyearbyen, pour vous faire une idée du concept. Pas besoin de vous préciser que je vous invite à y jeter un coup d’œil et à envoyer vos vidéos !

EDIT 2017 : Échec partiel mais échec tout de même. Après avoir eu quelques participants, le manque de moyens pour faire de la publicité et peut-être aussi, mes compétences limitées en webdesign ont fait capoter le projet.

EDIT mars 2020 : Le confinement imposé à la plupart des habitants de la planète me fait repenser le projet, et je modifie le nom de la page facebook en "Unconfined World" pour accompagner les dépressifs en manque de foule anonyme. Bonne idée non ?

EDIT avril 2020 : Nouvel échec.

- TOUR 2011 : BUDAPEST -



  Deux ans pour me mettre à réaliser le film de Ljubljana, mais seulement trois mois pour celui-ci !
Rien ne s’est vraiment passé comme prévu en Hongrie. Je voulais, après mon passage à Ljubljana, rencontrer l’excellent Istvan Kantor et faire un film sur les révolutions. Je me suis rendu compte, une fois sur place, qu’il habitait depuis plusieurs décennies au Canada.
Il fallut donc s’en remettre au hasard et la rencontre fortuite avec un seigneur de la musique rrom, Antal Kovacs, m’a poussé à réaliser un film sur les tziganes.

  Voilà donc un reportage qui, en donnant la parole à des personnes faisant partie de minorités dans un pays au gouvernement à tendance totalitaire, s’attaque à l’unité sous sa forme nationaliste, pire ennemie de l'universalisme.
En passant, certaines erreurs ont pu se glisser dans le montage, ainsi que quelques fautes d’orthographe dans les sous-titres, mais c’est parce que partant demain matin en stop pour des petites vacances à Novi Pazar et au Kosovo, tout à été fini dans le rush (il est trois heures du matin au moment où j’écris ces lignes) !